Retour à la case départ

Actualité du 24/06/2026

 

La figure centrale de Une vie secrète (2019), est un militant républicain qui se terre dans sa cave, du début de la Guerre d’Espagne (1936), jusqu’à la première loi d'amnistie promulguée 33 ans plus tard. Marco l’énigme d’une vie (2024) retrace l’affaire Enric Marco (1921-2022), prétendu survivant des camps nazis propulsé à la tête d’un influent collectif mémoriel.

A l’évidence, Jon Garano et José Mari Goenaga aiment se colleter au secret, à l’imposture et la dissimulation. Pourtant, en contrepoint à l’obscurité et l’ambivalence qui enveloppent les titres précédents, les premières séquences de Maspalomas baignent dans un hédonisme estival, qui n’est pas sans rappeler les effusions dangereuses, captées par Alain Guiraudie dans L’Inconnu du Lac (2013).

Au coeur des îles Canaries, Vincente (Jose Ramon Soroiz) coule une retraite heureuse et jouisseuse à Maspalomas, épicentre de la communauté homosexuelle internationale.

Un accident vasculaire, un trou noir et le septuagénaire se réveille dans une maison médicalisée de San Sebastian. Sans transition, Vincente revient au temps où il s'appliquait à étouffer sa nature profonde.

Maspalomas détaille ce retour à la case départ et dresse une généalogie du secret dans une Espagne post franquiste et post Movida. Épaulés, comme toujours, par une solide distribution (Jose Ramon Soroiz a décroché un Goya d’interprétation), Jon Garano et José Mari Goenaga conjuguent la rigueur du film dossier avec une approche inhabituelle de l’amitié et la compréhension.

Maspalomas ouvre une parenthèse aimable, solaire, voire optimiste en ces temps traversés de résurgences homophobes.

Rencontre avec José Mari Goenaga lors des Rencontres du sud, Avignon mars 2026.

Maspalomas le 24 juin dans les cinémas.

 

Photographies : Epicentre Films.

 

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