Si tu veux

Actualité du 22/06/2026

 

Selma (Zar Amir Ebrahimi) est serveuse dans petit restaurant bordelais. Consciencieuse et aimable, elle assure son poste sur le qui-vive. Car Selma est en situation irrégulière.

Le récit progresse en des allers-retours chronologiques. Son époux emprisonné, Selma a quitté le pays, après avoir confié son fils à ses parents. De la Syrie à l’Aquitaine, en passant par la Mer Égée et les Balkans, son odyssée est précisément documentée.

Dans l’Hexagone, le quotidien reste tourmenté. Les contrôles administratifs, les méandres de la régularisation, la solidarité conditionnelle de la diaspora locale, s’additionnent au manque et à la solitude.

Alors que l’étau se resserre, Selma se réfugie dans le cabinet de Jérôme (Alexis Manenti), sis dans l’immeuble en face du resto. Une relation particulière s’insinue entre celle qui a fui loin de chez elle et celui qui ne veut plus rentrer chez lui.

Si les envies d’ailleurs de l’héroïne de Mon Tissu préféré (2018) se sublimaient dans une échappée fantasmatique, le départ et l’exil occupent, à nouveau, le centre de L’Étrangère.

Dans ce second film Gaya Jiji, née en Syrie, examine les multiples aspects de la migration : le retour à liberté et l’atteinte à la libre circulation, la crainte endémique mais aussi les oasis de sollicitude. La romance en partage alterne avec l’intraitable rigueur documentaire, tout au long d’une fable émancipatrice doublée d’un parcours de combattante.

Si tu veux.

Laconique et bouleversante, la phrase boucle le chemin de vie, restitué dans une minutieuse délicatesse, tant dans sa réalisation que son interprétation.

Rencontre avec Gaya Jiji, enregistrée lors des Rencontres du Sud, en mars 2026 à Avignon.

L’Étrangère : dans les cinémas à partir du 24 juin.

 

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