A la recherche d'Alain Crombecque

 

le 12 octobre 2009, Alain Crombecque trépassait d’une crise cardiaque dans le métro parisien.

De 1985 à 1992, il dirigea le Festival d'Avignon. En huit années de mandat, il lança des paris insensés et des évènements inoubliables: Le Mahabharata sous les étoiles de Boulbon (1985), Le Soulier de satin dans la cour d'honneur du Palais des papes (1987).

Sous sa direction, Avignon consacra Robert Pinget, Nathalie Sarraute, Valère Novarina, Harold Pinter, Tadeusz Kantor et le barnum déglingué du Cricot Théâtre.. Sami Frey pratiqua le vélo et Georges Perec dans la chapelle des pénitents blancs (Je me souviens 1988), Michel Piccoli partagea la Cour d'honneur avec Bulle Ogier et Howard Vernon (Le Conte d’hiver 1988), Daniel Auteuil triompha dans Les Fourberies de Scapin 1990). Patrice Chéreau accepta de hisser Hamlet en plein air 1988).

Lorsqu'il se rendait dans les locaux de France Bleu Vaucluse, installés alors place Pignotte (désormais Théâtre du Train Bleu), il posait souvent des questions sur l’Église en face des studios (actuellement La Chapelle des italiens). Car à pied ou sur son Solex, Crombecque était un infatigable dénicheur de lieux.

Il a ouvert le théâtre de l'Oulle, la Chapelle du Roi René, passés depuis dans le giron du Off. Et bien sur la Carrière Callet.

 

 

On ne fait jamais relâche. je vais au théâtre tous les soirs.

Cette confidence donne son titre à l'exposition inaugurée au second niveau de la Maison Jean Vilar. Conçu par l’historien Antoine de Baecque (co-auteur avec Emmanuelle loyer de L’Histoire du Festival d’Avignon, éditions Gallimard), mis en scène par le comédien Xavier Gallais, l’installation regroupe près de 350 documents, pour la plupart issus du fond géré par Christine, veuve de cet ancien timonier d'Avignon.

Photographies, correspondance, objets, dessins, affiches.., ébauchent une approche intime de celui qui, par ailleurs, développa à Paris le Festival d’Automne, aux côtés de Michel Guy (1927-1990).

Discret, déterminé, Alain Crombecque causait peu mais il parlait juste. A ce titre, l’évocation s’amorce dès la prime enfance, une façon pour Antoine de Baecque d’éclairer les mystères d’une personne secrète, timide, de prime abord déconcertante.

 

L’exposition s’accompagne, les 6 et 7 juillet, d’un Temps fort Crombecque, autour de l’empreinte laissée par ce passionné laconique ; et d’un Feuilleton en sept épisodes (8-15 juillet), où, en fin de mâtinée, Valérie Dréville, Agnès Sourdillon Xavier Gallais.., liront des textes en lien avec l’infatigable passeur.

Organisé par La Bibliothèque nationale de France, dont l’antenne spectacle occupe le second étage de la Maison, une rencontre autour de la création du Mahabharata, créé dans la Carrière Boulbon, complète cet hommage (18 juillet).

On ne fait jamais relâche : jusqu’au 31 mars 2025, Maison Jean Vilar Avignon.

Réservations : https://maisonjeanvilar.org/

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