Parents terribles

De l’enfance à la quarantaine, Zoé déroule un récit de vie, une histoire de famille, une affaire d’acteurs. Car Zoé est fille de comédiens, biberonnée à Shakespeare, Racine, Roxane et Cyrano.., sous fond d'éruptions domestiques et musicales bigger than life.

Si le Petit Nicolas patauge dans les flaques, Zoé, elle, baigne dans la Beauté, même si elle entretient une liaison coupable un copain accro au Club Dorothée. La télé, papa ne connaît pas, trop plébéienne pour quelqu’un en orbite au plus haut.., ou en chute libre dans de vertigineux trous d’air.

Car le paternel de Zoé est borderline-bipolaire. Résultat : sa fille alterne crises d’asthme et démangeaisons, dresse des listes et empile les consultations.

Comment vivre avec quelqu’un qui est malade ?

Là est la question qui sous-tend le texte écrit et mis en scène par Julie Timmerman. Celle-ci tient à distance les imprécations doloristes ou le règlement de compte acrimonieux, au profit d’une évocation en équilibre entre rancune et indulgence.

Les saillies assassines du père, le déni de la mère qui aimerait s’occuper un peu d’elle-même, ne sont pas occultés. Mais le réquisitoire n'oblitère en rien les moments de tendresse, la fantaisie éclairée, en lice dans le foyer saltimbanque.

Chronique d’apprentissage, voyage au bout d’un enfer, Zoé n’en demeure pas moins un chant d’amour à un géniteur, à mi-chemin de l’ogre et de l’éveilleur. Ce qui ne nous tue pas, nous rend meilleur, telle est la maxime de cette proposition, alerte kaléidoscope des émois contrastés qui assaillent l’enfant, tourmentent l’adolescente puis stabilise la femme, à son tour mère de famille.

Si le théâtre peut rendre fou, il possède par ailleurs de séduisantes facultés de consolation.

Du 29 juin au 21 juillet, 11H, La Factory-Théâtre de l'Oulle. Relâche le mardi.

A noter : Petite Zoé : le 9 juillet à 13h et le 16 juillet à 11h avec Julie Timmerman

Photographie : Pascal Gely.

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