Partir de Vilar, suivre ses idées et voir ce qui reste.
Par cette phrase, Antoine de Baecque définit Les clés du Festival, exposition dont il assure le commissariat. Pour la Maison Jean Vilar, l’évènement marquant de l’'année 2025 fut l’inauguration de cette installation permanente autour de l’aventure du Festival d’Avignon, des origines à nos jours.
A l’évocation chronologique, l’accrochage opte pour une approche thématique. Scénographié par Claudine Bertomeu, mis en lumière par Jean Bellorini, par ailleurs directeur du Théâtre National Populaire de Villeurbanne, l’itinéraire fractionne en six étapes les 350 m² du premier étage.
La Fabrique aborde les préparatifs qui, dès le printemps, installent des espaces de spectacle dans des cours et des cloîtres.
La Ville-Festival examine la façon dont l’évènement s’empare de la cité.
Souverain de la rue, le Off s’étale le long d’un mur d’affiches d’hier et d’aujourd’hui.
Le Public s’attarde sur les haltes d’échanges qui jalonnent la journée des festivaliers.
Les fragments du décor, conçu par Yannis Kokos pour la production du Soulier de Satin réalisée par Antoine Vitez (1930-1990) en ouverture du Festival 1987, ornent désormais les murs de la calade. Imposantes et symboliques, ces figures affichent les aspirations d'une installation, à la fois permanente et évolutive, qui titille sans cesse la mémoire et la curiosité.
Rencontre avec Antoine Debaecque commissaire de ces clés du Festival qui apprennent et surprennent sur près de 400 M².
Comme tout accrochage permanent, Les Clés du Festival conait un certain nombre d'actualisations. Au pied de l'escalier qui mène à l'exposition, Le mur d'image constitué par les vues de Christophe Raynaud de Lage, photographe attitré du Festival d'Avignon se renouvelle au gré des éditions.
D'autre part, chaque été, le parcours de l'exposition connaît un itinéraire bis , tracé par l'un des artistes mis en avant par la programmation du Festival. Le protocole est inauguré cette année par Julien Gosselin.
Spécialisé dans l'adaptation d'oeuvres littéraires non théâtrales, le metteur en scène est un enfant du Festival d’Avignon. Sa première venue remonte à 2013, lors de la dernière édition dirigée par Hortense Archambault et Vincent Baudriller. Plébiscité pour son adaptation des Particules élémentaires, succès littéraire de Michel Houellebecq, le jeune dramaturge revint avec 2666 (2016), Joueurs, Mao II, Les Noms (2018), à l’invitation de Olivier Py. Puis 2023 fut le temps de l'Extinction.
Trois ans plus tard, , l’actuel directeur Tiago Rodrigues confie à Julien Gosselin la Cour d’honneur du Palais des Papes.
Créé le 4 juillet dernier, en ouverture de l'édition 2016, Maldoror tisse des correspondances entre les écrits de l’écrivain chilien Roberto Bolano (1953-2003) et l’inspiration transgressive-surréaliste des Chants de Maldoror, publiés en 1889 par l’auteur Franco-Uruguayen Isidore Ducasse (1846-1970), alias Comte de Lautréamont.
A travers de nouveaux cartels disposés sur le parcours, Julien Gosselin raconte ses relations avec le Festival, d'abord comme spectateur puis comme réalisateur. La maquette du décor de Maldoror, la robe de scène portée par Angelica Liddell dans Dämon-El funeral de Bergman, créé dans la cour d'honneur en juillet 2024, constituent les numéros inédits inclus dans l'exposition.
Découverte de L'itinéraire-bis en compagnie de Julien Gosselin et Nathalie Cabrera, directrice de la Maison Jean Vilar.
A retenir encore pour l'été 2026 : Viva Novarina !
Le 16 janvier dernier, Valère Novarina tirait sa révérence. Avignonnais à 11 reprises (1986-2020), ce dramaturge, peintre, essayiste, sculpteur du langage, est le centre d’un hommage à son image : polyphonique et joyeux.
Du hall aux salles voûtées, 50 de ses dessins et peintures voisinent avec les extraits des spectacles accueillis par le Festival. En diffusion permanenete, Eclats Novarina désigne la projection d'extraits de spectacles écrits et mis scène par l'auteur dans divers lieux du Festival.
Les Clés du Festival-itinéraire bis Julien Gosselin + Viva Novarina ! : ouverture 9H-19h, du mardi au dimanche, 29 juillet-30 aout. Accès libre.
Maison Jean Vilar : Place de l'Horloge, montée Paul Puaux Avignon.
Tel / 06 62 05 55 70
Photographies : Michel Flandrin.