A l’origine de Thésée, sa vie nouvelle, il y a le suicide d’un frère et la disparition prématurée d’un père et d’une mère. Pour le romancier Camille de Toledo, ces décès en cascade provoquèrent une paralysie générale, avant de marquer le point de départ d’une enquête généalogique qui englobe l’histoire du XXème siècle.
Thésée, sa vie nouvelle, le récit mémoriel, se développe en analogie avec le mythe de Thésée qui s'aventure dans le labyrinthe où se terre le Minotaure.
Dans Thésée, sa vie nouvelle, le spectacle, Valérie Dréville, immobile, relate et commente son voyage dans le dédale d'une mémoire.
Pionnier de l’usage de la vidéo dans la scénographie théâtrale, Guy Cassiers place son interprète au cœur d’un amas d’images, comme il s’en conserve dans des boîtes ou des coffrets, au fond d’une armoire ou là-haut dans les greniers.
Cet environnement en perpétuelle mutation éclaire la densité d’un périple qui brasse le chaos des parcours intimes, le tumulte de grande histoire et les métaphores propres à la mythologie.
A la densité du texte répond une mise au plateau qui travaille la simplicité de l’énonciation, livrée dans une épure radicale, où doit s'impliquer une attention proche de l’immersion.
A l’arrogance tonitruante de Julien Gosselin et son Maldoror, magma d’images aussi indigestes qu’ambiguës, Guy Cassiers et Valérie Dréville organisent une incursion méthodique et sensible, dans les tréfonds d’une mémoire, elle-même hantée par une interrogation vertigineuse : qui est le meurtrier d’un homme qui se tue ?
Thésée, sa vie nouvelle : 12H, L’Autre Scène Vedène. Jusqu’au 24 juillet.
Réservations : https://festival-avignon.com/?cat=1001
Photographies : Christophe Raynaud de Lage / Festival d’Avignon.