Une calade comme une place publique

 

Il y a tant d'histoires de Festival, un récit différent pour chacun de ceux qui l'ont traversé. Cette histoire est immense : 80 éditions du In, 60 années du Off, des milliersde spectacles. Écrit Nathalie Cabrera dans son éditorial.

De la première Semaine d’Art en 1947, à l’aventure du Théâtre jeune public dans le Off, retracée au sein de l’antenne du Département des arts du spectacle de la Bibliothèque nationale de France, le programme de juillet de la Maison Jean Vilar balise un voyage à travers le présent et le passé du Festival d’Avignon, Une expédition en 79 pages, accessible de 7 à 79 ans.

 

Cette densité, cette diversité, la directrice et son équipe les dessinent au fil d’une quarantaine de rendez-vous, où s’entrecroisent les éclats de la mémoire et l’urgence de l’actualité.

La dialectique s’illustre dans Les Clés du Festival. Dédiée à l’aventure du Festival d’Avignon, des origines à nos jours, l’exposition permanente s’augmente d’un itinéraire-bis tracé par Julien Gosselin. En écho à la création de Maldoror au coeur du Palais des papes, cet enfant du Festival (5 créations depuis 2013), livrera, dans un accrochage spécifique, son expérience de spectateur et d’artiste.

L’approche mémorielle et singulière se prolonge dans Mon Festival, nos Festivals, feuilleton en 6 épisodes (16-17 juillet), 6 conversations avec Rebecca Chaillon, Stanislas Nordey, Alain Timàr.., à la fois témoins et acteurs, dans les salles puis sur les plateaux.

Retour sur Les Clés du Festival en compagnie de Antoine de Baeque commissaire de l'exposition. Conversation enregistrée en juillet 2025.

 

Viva Novarina !, le 16 janvier dernier, Valère Novarina tirait sa révérence. Avignonnais à 11 reprises (1986-2020), ce dramaturge, peintre, essayiste, sculpteur du langage, est le centre d’un hommage à son image : polyphonique et joyeux.

Du hall aux salles voûtées, 50 de ses dessins et peintures voisinent avec les extraits des spectacles accueillis par le Festival. En complément, André Marcon lira Le Discours aux animaux, qu’il reprit à Avignon en 1987 (8 juillet). Par ailleurs, Louis Castel animera un atelier autour de son spectacle Devant la Parole, un précipité théâtral (17 juillet).

Que le spectacle commence !  A travers 4 vitrines et une sélection de documents, l'Antenne arts et spectacles de la Bibliothèque Nationale de France, décline l’aventure du Théâtre jeune public dans le festival Off. En complément de l’évocation, deux lectures de Raconte ! La véritable histoire d’un rat de Bibliothèque, ouvrage co-édité par la BnF et les Editions Syros sera l’objet d’une double lecture (15 et 16 juillet). D’autre part, le 17 juillet, le troisième épisode de Que la jeunesse se raconte par les jeunes de la Mission locale de Paris, sera donné dans la calade.

Plus détails autour de ces rendez vous en compagnie de Jean-Baptiste Raze, Chef du service, en charge des fonds d'archives à l'antenne des arts du spectacle de la Bibliothèque Nationale de France.

 

Les 60 ans du Off. En juillet 1966, dans son théâtre des Carmes, André Benedetto (1934-2009) joue Statues, sa nouvelle création, sans figurer dans le programme établi par Jean Vilar. Sans le savoir, il ouvre une brèche et pose le premier cadre d’une vitrine alternative. Au Festival se greffa désormais un Festival Off. Le 22 juillet, le fondateur du Off sera honoré par une lecture composée par son fils Sébastien. L’évolution, du geste turbulent de 1966 au marché du spectacle d'aujourd'hui (plus de 1800 proposition en 2026) sera analysée lors de quatre rencontres du 20 au 24 juillet.

Instauré en 2017, Le Partage de midi organise du 7 au 21 juillet, des rencontres avec des auteurs et autrices en lice dans le Festival : Rebecca Chaillon, Camille de Toledo, Christiane Jatahy, Wagner Moura ; ou le Off : Catherine Monin, Mona El Yafi, Antonio Carmona.. .

Le souvenir de Jacques Téphany (1945-2025) qui dirigea la Maison de 2003 à 2017, le parcours de Émilie Valantin, inlassable chercheuse de la marionnette, invitée à 6 reprises par Festival, l’héritage du dramaturge Didier-Georges Gabily (1955-1996), figurent au sommaire de Mémoire et transmission.

 

Aujourd’hui et demain. En accord avec la partition écrite par le fondateur du Festival d’Avignon, la Maison Jean Vilar devient une agora catalyseur de rencontres et de controverses. L’exercice critique, la guerre en Ukraine, la tragédie de Gaza, la représentation des minorités, l’œuvre de l’écrivain jamaïcain Claude McKay (1889-1948) infatigable contempteur des ségrégations, seront débattus lors des Enjeux du présent.

Dans le jardin de la rue de Mons, Gwenaël Morin, termine le bail de quatre ans signé avec le Festival d’Avignon. Signé Eugène O’Neill (1988-1953), Le deuil sied à Électre transporte l’Orestie d’Eschyle, aux Etats-Unis, au lendemain de la guerre de Sécession. Une fresque fleuve (3H30), pour une dissection des germes de Make America Great Again.

Rappelons pour terminer qu’en complément de la BnF, la Maison Jean Vilar héberge en son péristyle la Librairie du Festival et, dans la calade de l'Hôtel de Crochans, au cœur de l'espace public de juillet l’association, L'association le Village anime la Grignotte, buvette-cantine gourmande, ouverte du 5 au 25 juillet de 10H30 à 22H.

Le programme en 79 pages de juillet à la Maison Jean Vilar, commenté par sa directrice Nathalie Cabrera.

Le Festival d'Avignon à la la Maison Jean Vilar :  du 4 au 25 juillet. Ouverture 7 jours sur 7 en entrée libre.

Plus de détails : https://maisonjeanvilar.org/

Photographies : Margot Laurens, Michel Flandrin.

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