Comme son titre l’indique, Droit de visite détaille un séjour au parloir. Une femme monopolise la parole, face à un visiteur, par ailleurs machiniste à l’origine de la nappe musicale qui enveloppe une véhémente éloquence.
Progressivement, le discours bascule de l’extérieur vers l’intérieur. L’activiste politique incarcérée pour ses exactions s’efface derrière les souvenirs qui hantent la jeune femme.
Signée Alexandra Badea, Droit de visite arbore la vigueur rhétorique, véritable griffe de l’auteure de Europe Connexion, présenté en 2018 dans le Off Avignon. Outre le texte, Alexandra assure la mise en scène et participe à la distribution, soulignant le caractère autobiographique de la proposition.
A la fois cri de colère, inventaire d’une rancœur, le soliloque se double d’un chant d’amour, matérialisé par cet imposant montage de baisers de cinéma, dont l’enchaînement frénétique floute, toutefois, la frontière entre violence et passion.
Se discernent encore la porosité du poids de l’Histoire sur les trajets intimes et l’influence des voies intérieures sur les chemins de vie.
Écrit durant les confinements, liés à la pandémie de 2020-2021, Droit de visite entrelace les paroles et les corps dans une adresse virulente, qui brasse présent et passé, le temps d’un surprenant et percutant épanchement cathartique.
Droit de visite : 17H35, 11 Théâtre Avignon.
Photographies : Cosmin Floréa.