Du plus petit au plus grand

 

Une maison d’hôtes et de relais.

 Sandrine Bergot s’approprie la définition du Théâtre des Doms, tel qu’il fut baptisé, lors de son ouverture en 2002, par son directeur Philippe Grombeer (1946-2020).

A la tête depuis 2 ans, du Pôle Sud de la création en Belgique francophone, la responsable artistique signe une programmation qui réunit 11 propositions, à l'intersection du théâtre, de la danse, de la poésie, de la musique et du slam.

Partir du plus petit pour aller au plus grand.

Sur ce leitmotiv, la sélection se revendique tonique et engagée.

 

Ainsi, Les Enfants dans la vallée examine les conséquences d’une inondation catastrophique sur l’imaginaire d’un adolescent (10H30). Les désordres familiaux innervent Pépée, une histoire sans chute mais bien arrosée (14H30), au même titre que Exhibit A, un moment sans mot mais gorgé de phrases (17H).

Les mutations du langage et les désordres de communication sont également au centre du texte rédigé par Céline Delbecq, en résidence à la Chartreuse de Villeneuve lez Avignon. Le Silence de Claire Lagrange est porté à la scène par son autrice. Le recours aux objets décrypte la métamorphose d’une décideuse converti au mutisme (12H30).

 

Co-fondateur du Raoul collectif, présent au Festival d’Avignon en 2016 et 2020, David Murgia revient en interprète au pied de l'escalier Sainte-Anne.

Écrit et mis en scène par Ascanio Celestini, Rumba (19H45) clôt une trilogie sur l’exclusion, par une lecture dès plus contemporaine de la vie de Saint-François d’Assise (1181-1226).

Du 4 au 25 juillet, la journée se terminera sous les flows de la poésie urbaine distillée par Lisette Lombé, accompagnée par les machines de Marc Nammour : Ce que le ventre dit (22H15).

La musique irrigue également le double rendez-vous au jardin. Dès l’heure du goûter (16H), les olibrius du Brut Mouvement assurent leur Opéra Punk pour grandes personnes à partir de 6 ans. Dans la foulée (18H30), Marine Mechri et Blanche Tirtiaux, se la jouent musette contemporaine au fil des refrains qui rythment Pour l’expansion des possibles dans ma sexualité.

 

L’affiche de juillet aux Doms, se complète par trois moments issus de diverses co-réalisations.

Du 9 au 21 juillet, de 18 à 20H, Villeneuve en scène attribue, la place Jean Jaurès aux Bonimenteurs et leurs histoires sous casques Au coin de ma rue. Fief du Totem et son Festival Art Enfance Jeunesse, la cour de l’école Marcel Perrin héberge, du 7 au 23 juillet (11H20 / 16H30), la Caravane des mûchettes, du nom des lutins qui griffonnent tout ce qui passe sous leurs mirettes.

A ces deux mutualisations, se greffe la poursuite du partenariat de longue date avec L'Eté des Hivernales CDCN d’Avignon. T’façon on est en 2012, désigne l’ultime volet de Mes années bagarre. La chorégraphe Loraine Dambermont met en jeu trois corps emportés par des rafales de clashs-réglements de comptes en ligne (21H, du 10 au 20 juillet).

 

Lancé en 2017, en hommage à une figure essentielle du théâtre belge, le Prix Jo Dekmine (1931-2017), sera remis ce été à l’acteur Mehdy Kachachi, un enfant du Hainaut, valeur montante des tréteaux francophones.

Enfin, selon une louable tradition, les murs extérieurs du Théâtre des Doms affichent les œuvres espiègles et perspicaces, dessinées par Marine Larcher, à l’origine du visuel de l’affiche et du programme de Juillet 2026.

Sandrine Bergot commente l’esprit de sa sélection belge en Avignon qui, de l’intime au politique, professe une joyeuse résistance.

Le Off Avignon au théâtre des Doms : du 4 au 25 juillet. Relâche le mercredi.

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