Faut q’ça camphre

 

Danser sur un chapelet de cris et d’insultes, non seulement Loraine Dambermont y a songé mais elle y est arrivée.

Ainsi, flanqué de Maxime Cozic et Jacob Börlin, la danseuse-chorégraphe nous propulse dans un clash explosif, cadencé par des bordées de jurons, sévèrement houblonnés, résolument orduriers, solidement homophobes.

Suite à Toujours de 3/4 face !,  T’façon on est en 2012 constitue le second volet de Mes Années Bagarre. Cette trilogie chorégraphique puise ses origines lors du 20 décembre 2012, décrété sur les réseaux (et le calendrier maya) jour de la fin du monde

Un trio chaud bouillant établit un inventaire abrupt de la brutalité grégaire et autres joyeusetés virilistes. Frustration et démonstration de force, la prestation est magistrale et tétanisante.

Fin du premier tableau.

A peine le temps de reprendre son souffle et s’engage une master-class de close combat.

La stupeur disparaît alors derrière une salutaire hilarité, face à la morgue hystérique du moniteur, lointain disciple de John Cleese, l’instructeur halluciné de Self-Defence Against Fresh Fruits, sketch de référence du Monty Python Flying Circus.

Ça dure une quarantaine de minutes, c’est fulgurant, furieux et admirablement coordonné. A l’issue du second round, Loraine Dambermont et ses deux partenaires nous abandonnent KO debout dans un précipité particulier d’alacrité et de stupéfaction.

T’façon on est en 2012 : 21H, CDCN-Les Hivernales Avignon. Jusqu’au 20 juillet.

Réservations :  https://www.hivernales-avignon.com/

Photographies : Margot Briant.

Retour à la liste des articles