La gloire d’être vivant

 

Après un compagnonnage au long court avec Victor Hugo (1802-1885), Paul Fructus entame une nouvelle équipée sur les traces de Jean Giono (1895-1970).

A Giono. paysages visages succède Giono. la guerre, la marche du monde. Le premier volet puise dans Un de Baumugne, Le Prélude de Pan, Le Chant du monde, fresques hédonistes habitées par des humains en osmose avec un écosystème, à la fois âpre majestueux et bienveillant. Le second plonge dans les Ecrits pacifistes de l’ancien combattant.

Mobilisé durant une large partie de la première guerre mondiale, l’écrivain exprimera dans Le grand troupeau, Refus d’obéissance, Jean le Bleu, Lettres aux paysans sur la pauvreté et la paix.., son exécration des conflits guerriers.

Seul dans l'obscurité du plateau, un bonimenteur raconte sa guerre. La Bataille de Verdun, Le Chemin des dames.., il y était. La nature, la chair, les sens dominent à nouveau le récit. Mais l’ivresse dionysiaque cède la place à d’hallucinantes recensions.

Le fait militaire se réduit à un étal de viscères, de sang et d’excréments. Le culte de la bravoure, la glorification de l’héroïsme se disloquent dans une dissection minutieuse et furieuse de la peur, l’épouvante, le dégout, l’incompréhension.

 

En contrepoint au compte rendu de l’insoutenable boucherie, se glissent des virgules : les articles cocardiers publiés dans une presse aux ordres et les impayables comiques troupiers dont les refrains reprennent en chœur le sympathique tac tac tac des mitrailleuses.

Aux inepties et aux mensonges, Giono oppose un regard vériste et une plume lyrique. Mais son panthéisme a du plomb dans l’aile, lorsque la transcendance de la nature éprouve la barbarie des hommes.

Si l’indignation est patente et la colère palpable, le diseur se garde de l’emphase et des trémolos. Paul Fructus se laisse simplement porté par la verve et la puissance des phrases de Giono : le chantre épicurien dans Paysages Visages, le correspondant de guerre atterré et outragé dans La guerre, la marche du monde.

Au moment où les bruits de bottes martèlent nos frontières, Giono. la guerre, la marche du monde, relève de la toute première nécessité.

Giono, le guerre, la marche du monde : Bourse du travail CGT. 19H, les jours pairs du 4 au 22 juillet.

Giono paysages visages :  Bourse du travail CGT, 19H,  les jours impairs du 5 au 23 juillet.

                                        21H30, samedi 25 juillet, Place Emile Cologuin Grillon, à l'invitation des Nuits Théâtrales de l'Enclave

Réservations : 06 08 88 56 00

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