Publié en 1987, Le Discours aux animaux fut pensé par son auteur comme une suite de douze promenades, une navigation dans l’intérieur, d’abord dans la langue et dans les mots. Yannick Gonzalez Altmann applique à la lettre les intentions de Valère Novarina (1942-2026).
Il y a dix-huit ans, je me suis fait construire ce petit abri. C’est ici que je viens parfois le soir écouter ma parole.
Du haut de ses gravats, un grand escogriffe apostrophe les passants. Coiffé de latex, dans sa blouse élimée de sachant allumé, Jean (c’est son nom) y va de tout son souffle, pour gonfler des baudruches, ébrouer un saxophone et délivrer chants et imprécations.
L’espace de deux journées (10 et 17 juillet), dans la fraîcheur du matin (8H20) ou à l’orée du crépuscule (19H40), le bonimenteur céleste arpentera le parc de la Respélid’.
Herbes, pierres et brindilles, c’est à vous que je confie de garder en pensée l’image restée en vue de mon corps imbécile.
Dans le vaste et mystérieux jardin de l’ancien carmel d’Avignon, la déambulation bucolique aligne quelques stations, auprès des statues et des oratoires délaissés et gagnés par la végétation. En chemin, le bonhomme mastique ou entonne la rhétorique novarinienne.
Solide timbre de basse et honnête musicien, Yannick Gonzalez Altmann donne une carcasse, une voix et des harmonies à un fabuleux glossaire où se brassent élans spirituels, virgules insolites et détresses rageuses et essentielles.
Le doctorant lunaire lance une adresse au ciel et poursuit sa conversation avec l’écosystème. Dès l’aurore ou au crépuscule, l’on s’égare en toute confiance, sur les brisées de ce prophète cabossé mais transporté par les visions prodigieuses, la respiration tonique et la verve spirituelle qui, par delà le sens, cimentent la parole de vie de Valère Novarina.
Discours aux animaux : vendredi 10 et 17 juillet, 8H20 et 19H40 Le Train Bleu-Jardin du carmel.
Réservations : https://theatredutrainbleu.fr/
Photographies : Angel Rocher Julie Mitchell, Maë Rebuttini