Bomber, Jean, santiags : le gars semble échappé d’un road-movie façon Nouvel Hollywood des années 70. Le spécimen n’est autre que Michael De Cock. Sur le point de prendre la direction du Théâtre de Liège, l’auteur, metteur en scène, acteur assuma pendant dix ans la destinée du prestigieux KVS, Théâtre royal flamand de Bruxelles.
Rien d’étonnant à ce que ce lieu de référence figure parmi les espaces traversés par Paris et Micky.
Publié en 2024, Seule l’imagination peut sauver le monde est désormais un seul en scène, chronique d’une folle nuit qui débute à Bruxelles, dans les toilettes de Tomorrowland, festival électro de référence.
Sur place, Micky (le narrateur) croise une blonde énigmatique qui n’est autre que Paris Hilton. La glace promptement brisée, l’influenceuse planétaire cherche à en savoir plus sur le drôle de métier exercé par son interlocuteur. C’est ainsi que Micky conduit Paris dans les entrailles du KVS.
Paris et Micky tient d’un conte, mâtiné d’autofiction. Michael (Micky) De Cock parsème son récit de digressions où s’entrecroisent disques de chevet, poèmes et anecdotes de prédilections.
Extirpées des malles à souvenirs, les peintures de maître alternent avec des affiches de rassemblements musicaux. Les citations et rencontres ne manquent pas : de Anne Teresa De Kersmaeker, icône chorégraphe, à Fouad, concierge d’un haut pittoresque.
Est-il utile de préciser que, entre l’obscénité des écrans pixelisés et les mystères et fantômes qui hantent les boîtes noires, le narrateur a clairement tranché ?
Au delà la performance déliée d’un interprète, qui semble parfois aux frontières de l’improvisation, Paris et Micky relève d’une escapade chimérique, d’un dictionnaire amoureux de la curiosité et d’une parabole fébrile sur l’art, vecteur de tous les imaginaires.
En ces sombres temps, une échappée et un spectacle de salut public.
Paris et Micky : 19H20, La Manufacture.
Photographies : Maruszak.