Comment Pantalone peut-il mener une vie aussi fastueuse par la seule culture des olives noires ?
L’énigme constitue la pierre angulaire d’une sarabande masquée, au cours de laquelle Rosa, la bannie tempétueuse, croise Arlequin, cueilleur élimé par d’harassants séjours dans l’oliveraie.
Le Trafic de Pantalone nous transporte au Sud de l’Italie, dans la province de Basilicata. Sur place, l’opulente richesse du sous-sol peine à ruisseler sur celles et ceux qui habitent la surface.
De cette constatation toute contemporaine, La Parole Rouge extrait une partition originale, trempée dans l’insolence bariolée de la Commedia dell’arte.
Un tréteau, une toile peinte, quelques accessoires et un trio d’histrions. Marie Hurault, Salvatore Franco et Giacomo Bisceglie jonglent avec les masques et les caractères. Les lazzis sont bien là, les anachronismes fleurent bon le Coppola.
Ça tempête, ça complote, ça manipule, en particulier des figurines en mousse dans une bidonnante séquence bête et méchante. Ça s’indigne et ça ferraille avec des épées en vrai mais tout finit par des chansons, plutôt des chants des partisans.
Fidèle à sa volonté d’immerger un art millénaire dans les disparités de notre temps, La Parole Rouge livre une proposition virevoltante, engagée, entre les semonces de l’agit-prop et la truculence irrésistible de l’esprit italien.
Ainsi chez Pantalone, la population doit plier. Mais ici, les spectateurs sont d’un bois tortueux et impérissable. Un public, un peuple, une agora sculptés à même les oliviers.
Le Trafic de Pantalone : 10H30, Cour du Barouf. Du 3 au 14 juillet. Relâche le 8 juillet.
Par la même troupe : Emballage : 18H, Théâtre de la Rotonde, du 4 au 18 juillet. Relâche le mardi.
La chronique c’est par ici : https://www.michel-flandrin.fr/festival-d-avignon-2026/festival-d-avignon-2026-off/le-capital-mode-d-emploi.htm
Photographies : Jérome Rey, Virginie Poisson et Arny Berry.