Sous les jupes des filles

 

Rétines et pupilles / Les garçons ont les yeux qui brillent / Pour un jeu de dupes / Voir sous les jupes des filles.

Le premier couplet de la chanson d’Alain Souchon illustre le paradoxe sur lequel se déploie Les jours de la lune. Le titre figure parmi les innombrables expressions imaginées lorsqu’il est question des règles, des menstruations.

Renelde Pierlot porte à la scène le texte de Francesco Momino, lui même issu de minutieuses collectes d’informations effectuées par la metteure en scène.

Ça va mieux en le disant. Le jour de la lune  allie l’explicatif et le commentaire.

Le premier tiers livre la description scrupuleuse du processus biologique à l’origine du cycle menstruel. Un quatuor d’interprètes : un acteur-chanteur accompagné de trois dames d’âges différents, donne corps et voix à la démonstration. Aux explications se greffent des illustrations. A commencer par cet utérus géant au sein duquel se perpétue une mécanique aussi naturelle que fabuleuse.

Le second chapitre livre une analyse historique de la symbolique des règles. Le périple temporel souligne la tectonique des considérations : des temps très anciens où, tous les 28 jours, les guerrières glorieuses triomphaient de la mort, jusqu’à l’époque dite moderne, qui peine à dissocier la gêne et l’aversion accolées au processus vital.

Le dernier segment croise les témoignages qui soulignent les dénis humiliants toujours au discrédit des corps menstrués.

Le sujet est ample et le matériau dense. En textes, en chansons, s’écoule un flux tendu d’informations et considérations. Parfois jusqu’aux limites de la saturation. Mais les quatre doctorants mêlent avec brio la parole aux gestes et démonstrations. Car pour Renelde Pierlot et sa troupe, au-delà d’informer, il convient de montrer, voire de surdimensionner en pleine lumière, ce que l’on élude et qui reste caché.

En témoigne cet ébouriffant French Cancan tout en blanc et rouge (à l'image du spectacle), qui illustre à la fois la chanson d’Alain Souchon et rappelle que, sous les dessous et dentelles, se cache un troublant mélange de spéculations sexuelles et d’organismes physiologiques.

Les jours de la lune : 12H, Théâtre Transversal. Jusqu’au 25 juillet. Relâche le mercredi.

Avec la Sélection du Luxembourg en Avignon.

Réservations :  https://theatretransversal.com/

Photographies : Patrick Galbats

 

 

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