Depuis 2020, la Tangoart Company ne cesse d’explorer les multiples acceptions du tango argentin. Après des pièces en quintet puis en trio, Ariane Liautaud renoue avec le duo des salles de bal originelles.
(4) Saisons-Chronique d’un couple, le titre relève du manifeste. Serrée, emmitouflée contre le blizzard, épanouie sous une canopée printanière, exaspérée autour d’un malheureux bouquet de fleurs, s’égraine une vie à deux.
La relation, ses hauts, ses bas, défilent en quatre tableaux, orchestrés par les incontournables concerti saisonniers de Vivaldi (1678-1741), assortis aux Saisons Portègnes composées par Astor Piazzolla (1921-1992). Le dispositif quelque peu systématique est agrémenté d’un séduisant tableau d’ouverture, balayé par le seul souffle du vent.
Si par son manque d’ampleur, la projection vidéo questionne son utilité, Ariane Liautaud et Karim El Toukhi focalisent l’attention. Elle et lui traversent communions et conflits, figures et postures, dans une harmonie accomplie, digne d’un compagnonnage (un ménage?) de longue date.
Certaines arabesques sensuelles ravivent le souvenir de la féline Cyd Charisse et ses spirales ensorcelantes dans le beau Traquenard (Nicholas Ray 1958), classique du film noir romantique.
De panaches baroques en syncopes chaloupées, le lien amoureux trace à travers des mers d’huile, ballotte sur des flots démontés, essuie de furieuses mutineries. Jusqu’à ce que, parfois, certain se saborde ou d’autre quitte le navire.
(4) Saisons-Chronique d’un couple accommode une anatomie de la vie conjugale, imprégnée de l’esprit tango, ses éclats de séduction et ses bouffées de mélancolie.
(4) Saisons-Chronique d’un couple : 20H, Théâtre Golovine , du 4 au 24 juillet. Relâche le lundi.
Réservations : https://www.theatre-golovine.com/
Photographies : Christel Cavaciuti