Villeneuve en scène trentenaire à la fête

 

Voué à la promotion des écritures itinérantes, Villeneuve en scène s'est affirmé, au fil des années, comme une référence, doublée d'une alternative au foisonnement frénétique qui, au même moment, enflamme l’autre rive du Rhône.

Pour la trentième édition, le directeur Brice Albernhe réaffirme son action et retient 13 compagnies qui conjuguent théâtre, danse, arts du cirque et de la rue.

 

Dans cette dernière section, Carbone  (photo) relève d’une séduisante innovation. Au cœur de la nuit, Le Syndicat d’initiative agence une balade en forêt en sept stations, une geste anthropologique jusqu’aux origines de la vie.

Auparavant à 18H, la même compagnie confirme son inspiration sylvestre. Héros de Petit Quelqu’un, Tom réinvente un monde au sein d’une frondaison. La proposition en milieu naturel est présentée en co-réalisation avec Le Totem, Scène conventionnée art enfance jeunesse d’Avignon.

En lien avec le Théâtre des Doms, tête de pont de la création en Belgique francophone, Au coin de ma rue et ses Bonimenteurs associent écoute intime et espace public.

En association avec les Hivernales de la danse, Massimo Fusco orchestrera son Bal magnétique, l’espace de trois soirées, du 9 au 11 juillet. Ces nouvelles collaborations se greffent au partenariat réitéré avec le Festival d’Avignon.

 

Outre L’accueil (18 juillet) du Hamlet itinérant adapté par Thibault Perrenoud, Villeneuve en scène reçoit le Cirque Ici. 18 ans après Secrets, Johann Le Guillerm revient avec un spectacle (Terces) et une exposition (Architextures), au Fort Saint-André), dans lesquels le poète de la piste approfondit encore ses visions d’équilibres.

Des pratiques circassiennes plus collectives sont à l’honneur dans le cloître de la collégiale, dédié, cet été, aux mobiles chorégraphiques échafaudés par les trois voltigeurs de Totem.

Vers la Plaine de l’abbaye, les acrobaties s’enchaînent en musique, au fil d’Ostinato. L’histoire de l’humanité devient une folle sarabande propulsée par 13 artistes survoltés. Dans une humeur plus intime, Décrochez-moi ça délivre un précipité subtil de prouesses et de maladresses.

 

Retour au Théâtre : tragédie antique, gymnastique et un zeste de Tchekhov.

La révolte d’Antigone appréhendée par sa sœur obéissante, écrit par Carole Fréchette, Ismène, déploie une approche oblique de l’émancipation féminine. La fabrication d’une icône sous-tend Flam(m)e. Au coeur du Placé de Villeneuve, la compagnie ScoM retrace le destin de Nadia Comàneci, gymnaste d’exception, transformée en emblème de la Roumanie totalitaire dirigée par Nicolae Ceaucescu (1918-1989).

 

Sous les platanes de l’école Montolivet, Nous reviendrons au printemps prolonge le déclin de la Cerisaie, jusqu’à l’effondrement de la vieille Europe. Hanukai et Simon Adinia associent la mélancolie tchekhovienne aux mutations des sociétés d’aujourd’hui.

 

Bien installée au quatre coins des espaces naturels et des sites classés de la commune, écoresponsable plus que jamais, Villeneuve en scène promet un bel anniversaire dans le jardin du Festival d’Avignon.

Retour à la liste des articles