Dans le Peter Pan nouveau, une cage devient machine à jouer. Par-dessus ou entre les barreaux, ça cabriole de haut en bas, ça ferraille à tour de bras et ça clique de tous les doigts.
Le gamin imaginé par J. M. Barrie (1860-1937) est reconsidéré par Sébastien Lanz. Il y a dix ans, celui-ci porta à la scène L’Enseignement de l’ignorance et ses conditions modernes, réquisitoire de Jean-Claude Michéa (Flammarion 1999), contre le délitement de la transmission et l’arasement de l’esprit critique, sous l’effet de la loi du marché.
Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que des smartphones, casques virtuels et une incontournable intelligence conversationnelle, s’immiscent dans les péripéties oniriques de Wendy, Peter et les Enfants perdus.
Dans la lignée de la griffe Kronope, quatre interprètes en quatrième vitesse, prennent en charge une cinquantaine de personnages. Les défroques s'échangent et les masques virevoltent. L’apparition de la Fée Clochette est d’une ravissante luminescence. Egal à lui-même, le Capitaine Crochet se montre digne de son iconoclaste réputation.
Dans Le Peter Pan nouveau, les pizzas volent haut et les pirates ont peur de l’eau. La vitalité ne faiblit pas, même sous la contrainte du désarroi amoureux, de la perte et du chagrin. Parfois la densité de la partition nécessiterait moins de précipitation. Mais le rythme de croisière s’imprimera, sans doute, au fil des représentations.
La violence n’apporte pas de solution. Pas plus que les machines qui atrophient l’imagination. Grandir c’est trahir ! Dans le Peter Pan nouveau, l’on rit, l’on frémit, sans cesser de rêver, les sens en éveil et les yeux jamais fermés.
Peter Pan et tu t’envoles ! : Samedi 7 mars, 19H, Factory Roseau Teinturiers Avignon.
Mercredi 8 avril : La Teste de Buch
Vendredi 10 avril : Civray
Mardi 12 mai : Salon de Provence
Mercredi 13 mai : Salon de Provence
Mardi 19 mai : Saint-Hilaire-du-Harcouët
Et du 4 au 25 juillet Fabrik Théâtre Avignon.
Photographies : Philippe Hanula.