J’ai changé tu sais

Actualité du 17/02/2026

 

Send Help, l’usage du titre original (Envoyer de l’aide) pour la distribution française, participe peu à l’attractivité de l’objet. Seule la gouverne du turbulent Sam Raimi, laisse spéculer un film en rupture du tout-venant.

A l’origine de Evil Dead dans sa trilogie originelle (1981-1993), puis du triptyque Spiderman (2002-2007), contributeur aux franchises Marvel (Docteur Strange in the Multiverse of Madness 2022), Raimi renoue avec des moyens plus raisonnables et une veine sociale, illustrée dans Un plan simple, solide film noir tourné en 1998, puis Jusqu’en enfer, fable fantasmagorique à base d’hypothèque immobilière (2009) .

A l’instar de Christine, la jeune banquière, héroïne de Drag Me to Hell, en lice pour un poste de direction, Linda (Rachel McAdams) voit ses espoirs de promotion s’évanouir avec le décès du président de la firme qui l’accapare depuis 8 ans. Népotisme oblige, Bradley l’héritier du défunt (Dylan O’Brien) juge son comportement et son apparence peu conformes aux nouvelles normes directoriales.

Cependant, une suite d’évènements échoue Linda et Badley sur une île déserte. La comédie romantique, sous fond de récit de survie, semble inévitable. L’on suit alors et l’on devance souvent, les épreuves d’apprentissage et la redistribution de l’autorité entre le boss et son obligée.

Raimi s’embourbe-t-il dans la romance initiatique ? Pas vraiment. Le gaillard enfume son monde, jusqu’à une partie de chasse qui réveille les acmés grand-guignolesques d’antan. Signé Mark Swift et Damien Shannon, le scénario distord les trames stéréotypées, propres aux produits cinématographiques de grande consommation. De contrepoints en rupture de ton, les péripéties rattrapent, voire stupéfient les spectateurs et portent le mélange des genres à des niveaux peu explorés.

Dans le sillage de Un plan simple et Jusqu’en enfer, Send Help distille une approche désabusée des relations humaines et des rapports de pouvoir. Chez Sam Raimi, les évolutions relève du déclaratif. On affirme qu’on a changé. Mais on ne change pas vraiment, En fait on ne change pas. On ne change jamais.

Tel est l'enseignement des cette édifiante et réjouissante variation autour de Robinson Crusoé.

Photographies : 20th Century productions.

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