Découvert en 2013 avec Hate Radio, tétanisante restitution des programmes radiophoniques qui, au seuil des années 90, attisèrent le génocide Rwandais, Milo Rau présenta, 5 ans plus tard, La Reprise, analyse d’un fait-divers comme substrat des tragédies d’aujourd’hui. Il y a deux ans, Antigon in the Amazon transposait la tragédie de Sophocle au sein des luttes contre la déforestation de la forêt amazonienne.
Cette année le dramaturge suisse rompt avec les sujets cruciaux et prend en charge la création itinérante du Festival 2025.
Qualifiée d’étude scénique, La Lettre est une partition écrite à six mains par l’auteur-metteur en scène et ses deux interprètes : Arne de Tremerie et Olga Mouak.
Durant son adolescence orléanaise, cette dernière s’est passionnée pour Jeanne d’Arc (1412-1431), dit La Pucelle d’Orléans. Quant’à la grand-mère du second, elle vécu une grande partie de son existence en rêvant de Nina, la jeune et infortunée héroïne de La Mouette, pièce la plus connue signée Anton Tchekhov (1860-1904).
Sur une simple estrade surmontée par trois étendards, comme aux premières heures du Festival d’Avignon, la proposition adopte la respiration d’une rêverie théâtrale.
Au fil du vagabondage tantôt espiègle, parfois plus mélancolique, les évènements passés (missives intimes, documents historiques..) voisinent avec des considérations d'aujourd'hui, sur les modes de représentations et la violence du théâtre.
Rencontre avec Milo Rau, à l’issue de la générale du 7 Juillet dernier à Barbentane.
La Lettre : dimanche 25 février 15H, La FabricA du Festival d'Avignon.
Avec le Fest'Hiver des Scènes d'Avignon.
Réservations : https://festival-avignon.com/