Au rendez vous de la mort joyeuse

Actualité du 12/07/2021

Pas de doute, brevet de secouriste, formation de conseiller funéraire, les trois interprètes de Hiboux ont bien bûché. Il est vrai que dans un spectacle, la mort et le deuil restent un terrain miné. Qu’importe, les Trois points de suspension persistent et signent. Passée la solennité compassée des cérémonies (on est toujours plus avenant mort que vivant), le trio de comédiens-musiciens déploie une réflexion qui traverse les âges, croise Victor Hugo et son Livre des tables, Thomas Edison et son Nécrophone… . Poètes, scientifiques, des esprits immenses se sont préoccupés de l’après. Et comme personne ne sait, on peut dire n’importe quoi.

Puis surgit Gilles Deleuze, philosphe fasciné par la façon dont les disparus continuent à vivre dans les objets, les rites, les mémoires, et à présent, ajoutent les bonimenteurs, dans les smartphones et les réseaux sociaux. Quant’aux testaments et autres dernières volontés, il permettent aux décédés de continuer à vivre, voire à peser.

Bien documenté, le discours glisse parfois vers le chant ou la démonstration : la toilette funéraire, cérémonial organique où les corps sont enlacés avec des trésors de précautions. A ce propos la dépouille se parque, la plupart du temps dans un Hôpital (75 % des décès ont lieu dans une maison spécialisée), Au final on inhume, on brûle suivant des rituels soumis à des règles précises.

Hommage aux seigneurs de la nuit, ses ténèbres et ses mystères, Hiboux touche au crucial et à l’universel d’une manière savante qui n’exclut jamais le sourire et la délicatesse. Pari gagné.

Du 9 au 21juillet, 19h, pinède de Villeneuve en scène. Relâche le 15.

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