Opéra bouffe et soap opera

Actualité du 23/02/2026

 

Sept interprètes accompagnés par une pianiste ; dans le magma précaire du Off-Avignon, la proposition s’assimile à un péplum. La référence à ces productions cinématographiques qui, dans les années pré-numériques, mobilisaient des centaines, voire des milliers de figurants, lors de batailles, parades ou jeux du cirque, s’avère d’autant plus pertinente qu’il est question, ici, d’Homère et de la Guerre de Troie.

Donc, tout commence par l’arrivée d’un certain Spielberg (Stéphane pas Steven) sur le plateau d’un soap opéra mythologique. La série est au seuil de sa 127ème saison. La mission du nouveau réalisateur : relancer un programme à bout de souffle, lesté par les caprices des divas, la lassitude ou l’embonpoint de leurs partenaires.

L’arrivée de Ryan, second couteau exfiltré d’Hollywood, pousse un peu plus le curseur des vanités et réveille, au passage, quelques inquiétudes.

Ajouter de la satire à la satire, la tâche est périlleuse. Telle est pourtant la démarche du Théâtre du Petit Monde. Martin Loizillon s’empare de La Belle Hélène, parodie des tragédies lyriques, écrite en 1864 par Henri Meilhac et Ludovic Halévy, sur une partition de Jacques Offenbach.

Les airs du Mozart de l’opérette ponctuent La Belle Hélène (et les garçons), une sarabande où s’empilent clins d’œil et anachronismes. A la truculence de l’opéra bouffe, Nicolas Rigas, chanteur-metteur en scène, agrège les lazzis propres aux pièces de tréteaux. Ainsi, le spectacle s’étend vers les gradins, happe des spectateurs et convoque, au passage, Karl Marx, Raspoutine et quelques gilets jaunes.

Dans ce capharnaüm musico-burlesque, digne de Hellzapoppin (H.C. Potter 1941), les glottes s’accordent néanmoins autour de refrains inscrits dans la culture populaire. A l’instar de Molière, Shakespeare et bien d’autres génies dits classiques, Offenbach résiste à tout. Ainsi, bien après la représentation de la Belle Hélène (et les garçons), Je suis l’époux de reine, poux de la reine, poux de la reine.., inculque les mémoires et, pour bien longtemps, titille les bonnes humeurs.

La Belle Hélène (et les garçons) : dimanche 8 mars, 16H, Auditorium Jean Moulin-Le Thor.

Réservations : https://auditoriumjeanmoulin.vaucluse.fr/accueil-3.html

Photographies : Adèle Kiffer / Ville de Versailles.

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