Merci pour le verre d'eau et la conversation

Actualité du 09/03/2026

 

Alors que son Entreprise fête son quarantième anniversaire, retracer son itinéraire, cela coule de source.

François Cervantes monte donc au plateau. Une table, une chaise, quelques notes, une carafe d’eau.., c’est parti pour un récit-conférence. L’intervenant ouvre son carnet de route qui navigue entre le Maghreb, le Rwanda et l’Orient-extrême ; Michel-Ange, Tom Waits et les lettres classiques ; du rire sonore des bergers andalous aux doctes prescriptions d’un maître québecois.

Le hanneton a été réussi du premier coup, il n’a pas eu besoin d’évoluer. Mais nous, nous nous sommes mis debout, notre cerveau a grossi, nous avons inventé l’art, les armes, l’aspirine et les égouts.. .

Eu égard ce constat d’évolution, Cervantes revient sur son entrée en théâtre : la création de sa compagnie, la recherche collective, les bienfaits de la camaraderie, le premier spectacle synonyme de succès.

Le lieu de l'art c'est l'acteur lui-même. 

Ne pas paresser sur ses lauriers. Explorer de nouvelles voies. D’où le recours aux masques, d’où l’apparition du clown, cet étranger qui vient de l'intérieur et suscite l’émergence de l'être tapi au fin fond de chacun de nous, spectateurs ou acteurs. Puis advint Catherine Germain. A l’image de François, pas vraiment une expansive qui, une fois sur scène, conjure enfin son endémique timidité.

Catherine dessine Arletti. Arletti efface Catherine.

Ainsi surgit cette charmante auguste, en lice dans 6 des 19 spectacles créés par L’Entreprise. L’apparition de la dame-clown, toute en espiègle spontanéité, tourneboule et enrichit l'exposé. Dans un troisième et dernier temps, Catherine reviendra au naturel.

La communication tient d'une masterclass, avec son chapelet d’anecdotes et d’enseignements. Elle relève encore d’une leçon gesticulée et d'un dialogue complice qui agrègent les paroles explicatives à de ravissantes démonstrations.

Le Clown comme un poème s’inscrit dans le prolongement du Repas des Gens (2024), dîner chimérique qui, des lustres du plateau aux mystères des coulisses, questionne autant qu’il célèbre le cocon du théâtre.

Mais au-delà du parcours de vie et ses enseignements, ce rapport à deux voix souligne l'intelligence au long cours d’un duo d’artistes, le cheminement d’une femme, d’un homme, d’un couple, unis à jamais dans la façon d’être en relation avec tout ce qui palpite et vibre sur cette planète, sur ce fleuve souterrain qui nous réunit et nous cheville dans la joie du monde

Finalement, au bout du conte, Le Clown comme un poème ne se résumerait-il pas en une indéfectible et scintillante histoire d’amour ?

Le Clown comme un poème : du 4 au 25 juillet Théâtre des Halles Avignon

 

 

Retour à la liste des articles