Handle with care (A manipuler avec précaution), le titre du spectacle invité lors de la fête de mi-saison, illustre l’esprit qui anime le programme de La Garance, pour les six premiers mois de 2026. Et, en effet, l’amour et ses diverses déclinaisons traversent l’affiche de la Scène nationale de Cavaillon.
Pierres angulaires de Thelma, Louise et nous, nouvelle création du Bleu d’Armand présentée dès les premiers soirs de janvier, en co-réalisation avec le Théâtre des Halles, les liens d’amitié, leur lots de plénitudes et de chagrins, irriguent Kill Me (photo), proposition cabossée, provocante et stylée, qui décline le féminin sans cogner sur le masculin. Marina Otero et sa troupe assurent cette année, la participation de La Garance aux prochaines Hivernales de la danse (3-21 février).
La figure maternelle apparaît dans plusieurs propositions. Avec Les Forteresses (photo) l’iranien Gurshad Shaheman revisite l’histoire de son pays, bouleversé par la révolution islamiste de 1979. Trois récits de femmes alimentent une fresque théâtrale, où les dilemmes intimes s’entremêlent avec les déflagrations politiques (6 mars).
Adoubé par les jeunes spectateurs de La bande du futur, Issam Rachyq Ahrad, rejoint les artistes complices de La Garance. En préambule à sa nouvelle création prévue pour 2027, l’auteur metteur en scène reprend Ma République et moi (photo). Un fait divers réveille la mémoire d’un jeune homme, une réminiscence habitée par l’affection d’une mère (27 mars).
De Saïgon (2017) à Lacrima (2024), la famille traverse l’œuvre de Caroline Guiela Nguyen. Le thème se retrouve dans la première création jeune public de l’actuelle directrice du Théâtre National de Strasbourg. L’usage de la langue dans un pays d’adoption devient le ressort dramatique de Valentina, (photo) proposition construite en lien avec la communauté roumaine strasbourgeoise (21-22 janvier).
Acteur fidèle de Tiago Rodrigues (Le Chœur des amants 2021, Bovary 2016…) David Geselson adapte Lettre à D, adressée à son épouse par le journaliste-philosophe André Gorz (1923-2007). Doreen (photo) permet à l’acteur-metteur en scène d’affiner l’examen d’un rapport amoureux, entamé dans Le Choeur des amants et Lettres non écrites, deux propositions accueillies à Cavaillon, en 2022. A l’affiche les 3 mars et 1 avril.
Le Begat Théâtre (L’Absent(e) 10 et 11 avril), Elise Vigneron et ses marionnettes de glace (Mizu 18 avril), figurent parmi les compagnies régionales promues par La Garance. Venu en voisin (la région Occitanie), Nicolas Heredia promène son Origine du monde (46x55), du 14 au 18 janvier, au quatre coins du Sud Vaucluse. Par la suite, le 5 février, cet entomologiste de l’excentricité livrera On fera mieux la prochaine fois (photo), sa toute nouvelle création.
Cirque (Ka-In mars), jeune public (L’Inouïe Nuit de Moune janvier), concert (Walid Ben Selim 1-4 février), complètent le programme jusqu’à l’orée du mois de mai et une nouvelle édition du festival confit.
Plus de détails et commentaires en compagnie de Chloé Tournier, directrice de La Garance, déterminée à enjamber l’insécurité et l’imprévisibilité de l’époque avec la tendresse au cœur.
Le programme au jour le jour : https://www.lagarance.com/programme
Photographies : Jean-Louis Fernandez, Nicolas Heredia, Sofia Alazraki, Quentin Petit, Agnès Mellon, Charlotte Corman.