Elle aurait cent ans il aurait le même âge

Actualité du 16/09/2022

Ils sont nés tous deux en 1922, Maria Casarès en novembre en Galicie, Gérard Philipe le mois suivant sur la Côte d’Azur. Les Infants parallèles se croiseront une première fois sur le tournage de La Chartreuse de Parme (Christian Jaque 1947) puis quelques mois plus tard à Paris, au Théâtre des Noctambules à l’occasion des Epiphanies écrites à la plume par Henri Pichette. A partir de 1954 et jusqu’à la disparition de Philipe cinq ans plus tard, Gérard et Maria partageront l’aventure de Jean Vilar à Avignon et au Théâtre National Populaire.

Jean-Pierre Moulères aime les défis. Deux ans après avoir essaimé dans le jardin des Doms des photos de Vilar et sa troupe aux premières heures du Festival, cet expert es-accrochage célèbre un double centenaire entre l’espace de projection et la salle voûtée de la Maison Jean Vilar. Le souffle des fées, Les chants magnétiques, Le définitif par hasard, Le ciel et son envers…, à travers un dédale de couloirs, de pièces et d’alcôves se balise un trajet en 8 chapitres consacré à ces deux acteurs emblématiques de leur temps.

 

Conversation avec Jean Pierre Moulères au seuil de l’exposition.

Iconographie fastueuse et choisie, costumes et accessoires emblématiques issus du fond Jean Vilar, de collections privées... sans oublier quelques chinages, le commissaire de l'exposition dose l'intimité et les feux de la rampe. Pour ceci il croise reliques et documents : accessoires, affiches, extraits de film, couvertures de magazine.., comme autant de souvenirs entrelacés au cœur d’une mémoire qui relève du labyrinthe et de la caverne d’Ali Baba.

A chaque station ses livres : romans, essais, recueils de poésie, partitions théâtrales, preuves s’il en est, que Casarès et Philipe nourrissaient leur art et leur vie (la passion Camus-Casarès !) de littérature. Dilection partagée au fil d'un accrochage qui aligne des citations de Georges Perec, Federico Garcia-Lorca, René Char.., en commentaires du chemin tracé.

Suite de la visite avec Jean-Pierre Moulères.

Le goût des mots, de la formule juste et concise transparaissent dans Ce soir, oui tous les soirs. Installée au premier étage de la Maison Jean Vilar, l’exposition, toujours imaginée par Jean-Pierre Moulères, reconstitue des coulisses jonchées de fly cases, de silhouettes et de notes de services, rédigées par le régisseur Jean Vilar à destination des interprètes ou des techniciens. Infiniment Maria Casarès, Gérard Philipe-une évocation, Ce soir, oui tous les soirs, deux approches d’une société brisée par la guerre, qui retrouve son allant et son cap à travers l’art, les poètes et des saltimbanques éblouissants.

Fin de la visite commentée par Jean-Pierre Moulères.

Infiniment, Maria Casarès-Gérard Philipe-une évocation, jusqu'au 30 avril 2023.

Ce soir, oui tous les soirs, Jean Vilar, Notes de service, TNP 1951 - 1963, jusqu'au 30 avril 2023

Toujours à la Maison Jean Vilar :L'Œil présent, Du 7 juillet 2022 au 31 mars 2023. Catalogue disponible à la Maison Jean Vilar.7

L'article et l'interview de Laurent Gachet, commissaire de l'exposition:https://www.michel-flandrin.fr/festival-d-avignon-2022/festival-d-avignon-2022-in/les-images-le-labyrinthe-la-memoire.htm

Et toujours en extérieur : Côté jardin-Jean Vilar et Avignon, tous les jours, entrée libre. Horaires : de 7h30 à 18h (jusqu'en mars) et de 7h30 à 20h (d'avril à mai), .Jardin des Doms Avignon

 

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