Le Dernier jour de Pierre,
C’est l’histoire d’un chemineau au cœur d’un paysage, ouvragé de rocailles, patiné par la lumière, abrasé par le vent. En chemin, Pierre pose sa solitude dans un village, comme il s'en trouve dans les crèches ou les romans de Giono.
Tel est le point de départ du Dernier jour de Pierre, nouvelle création de la Compagnie Deraïdenz. Imaginée, écrite par Baptiste Zsilina, construite et animée par ce collectif dédié au théâtre marionnettique, la proposition réunit quelques 30 figurines, au fil d’une histoire en 10 tableaux.
Le récit se déploie au sein d’un castelet monumental, dans lequel évoluent des poupées à fil long. Le dernier jour de Pierre synthétise la démarche de ces jeunes artistes multifonction, qui allient invention esthétique, défi technique et rigueur d’exécution.
Par delà des exigences formelles, cette fable sur le réel et le désirable, reste au diapason de l’esprit Deraïdenz, attaché à l’expression de l’imaginaire, de la fantaisie, avec ça et là, des brèches intempestives, où le quotidien côtoie le bizarre, l'ordinaire suscite l'extravagance, la fantasmagorie fracture l'empathie .
Le dernier jour de Pierre : du 18 au 25 juillet, 10h20 Pole Culturel Jean Ferrat, Sauveterre, dans la programmation hors les murs du Théâtre du Train Bleu.
Réservations : https://theatredutrainbleu.fr/
Chronique intégrale par ici : https://www.michel-flandrin.fr/festival-d-avignon-2026/festival-d-avignon-2026-off/de-mal-en-pierre.htm
Photographies : Serge Gutwirth
Seule comme Maria
Lorsqu’un ami de sa mère lui trouve un air de Maria Schneider, la jeune Marilou se précipite sur le net pour vérifier la ressemblance. Quelques clics déclenchent une cascade de sites pornographiques, en référence au Dernier Tango à Paris.
Dans ce film tourné en 1972 par Bernardo Bertolucci (1941-2018), une scène simulée de viol par sodomie fut tournée sans que la jeune Maria (20 ans à l’époque) en eut été prévenue.
A la fois réjouie et anxieuse, Marilou Aussilloux évoque sa Maria, à travers la projection de documents d’époque, d’extraits d’interviews et de transformations. Mais, en parallèle, Marilou, en complicité avec Théo Askolovitch, raconte Marilou, jeune, vive, obstinée, transportée par des rêves de réussite, proportionnels à ses soucis d’application.
Parfois les lignes se rejoignent lorsque, la débutante croise à son tour un monstre sacré. L’expression qui associe l’effroi et la vénération prend alors toute sa signification.
Au sombre réquisitoire contre l’emprise masculine en lice, entr’autres, dans les milieux du cinéma, Seule comme Maria préfère un alliage original entre documentaire, autofiction et lazzi humoristiques, preuves d’une détermination clairvoyante et d’un solide sens de l’auto-dérision.
Seule comme Maria : 11H35, La Manufacture / L’extra. Jusqu’au 21 juillet.
La critique intégrale c'est par là : https://www.michel-flandrin.fr/festival-d-avignon-2026/festival-d-avignon-2026-off/un-air-de-maria-schneider.htm
Réservations : https://lamanufacture.org/
Photographies : Valérie Labadie, Christophe Raynaud de Lage
Les jours de la lune.
Les jours de la lune. figure parmi les innombrables expressions imaginées lorsqu’il est question des règles, des menstruations. Renelde Pierlot porte à la scène le texte de Francesco Momino, lui même issu de minutieuses collectes d’informations effectuées par la metteure en scène.
Ça va mieux en le disant. Les jours de la lune allie l’explicatif et le commentaire.
Abordé sous l'angle clinique, historique et sociologique, le sujet est ample et le matériau dense. En textes, en chansons, s’écoule un flux tendu d’informations et considérations. Parfois jusqu’aux limites de la saturation.
Mais les quatre doctorants mêlent avec brio la parole aux gestes et démonstrations. Car pour Renelde Pierlot et sa troupe, au-delà d’informer, il convient de montrer, voire de surdimensionner en pleine lumière, ce que l’on élude et qui reste caché.
En témoigne cet ébouriffant French Cancan tout en blanc et rouge (à l'image du spectacle), qui illustre à la fois Sous les jupes des filles d’Alain Souchon et rappelle que, les dessous et dentelles dissimulent un troublant mélange de spéculations sexuelles et d’organismes physiologiques.
Les jours de la lune : 12H, Théâtre Transversal. Jusqu’au 25 juillet. Relâche le mercredi.
Avec la Sélection du Luxembourg en Avignon.
Réservations : https://theatretransversal.com/
L'article sans coupe ici : https://www.michel-flandrin.fr/festival-d-avignon-2026/festival-d-avignon-2026-off/sous-les-jupes-des-filles2.htm
Photographies : Patrick Galbats
Fouiller bercer pompier
Au cœur de l'église des Italiens se déroule une répétition publique